Mon histoire

Enfant de parents agriculteurs, j’étais souvent laissé à moi-même ; au vu du travail à la ferme, mes parents n’avaient pas le temps de s’occuper de moi ; ils étaient surtout moralistes, et comme beaucoup, n’avaient pas le sens de l’éducation, l’idée de parler, d’écouter, d’essayer de comprendre, d’accompagner, de faire grandir…

J’étais un enfant turbulent, jamais content de ce qu’il a, et colérique ; à l’époque, pas de jeux électronique, pas de smartphone, pas d’internet ; il fallait jouer dehors, aux cowboys et aux indiens, fabriquant des arcs à flèches, grimpant dans les arbres, courir et jouer au football… je me souviens qu’un jour, jouant avec un copain, je l’avais visé avec mon arc, lâché la flèche, et celle-ci l’avait touché juste au-dessus de l’œil ; ce jours-là, j’avais eu beaucoup de chance de ne pas avoir atteint son œil ; aujourd’hui, je me dis encore « quelle chance mon Dieu ».

De nature colérique, je m’énervais quand les choses n’allaient pas comme je voulais ; et je cassais… mon père me courait souvent après et je me cachait sous le grand lit de mes parents ; là, il ne pouvait pas m’attraper.

Etant petit de taille et n’étant pas considéré, mes camarades de classe se moquaient souvent de moi ; ils m’appelaient « petit » ; c’était blessant. À l’école, je n’étais pas très studieux, je préférais jouer au football…

Je ne peux pas dire que j’avais une santé fragile, mais je souffrais souvent d’infections dans la bouche, par des aphtes ; et à l’époque, les remèdes faisaient aussi mal que l’infection et n’étaient pas très efficace… pendant le diner, j’avais toujours un verre d’eau, pour calmer un peu la sensation de piquant et de brûlure.

Plus tard, une télé en noir et blanc ; j’aimais regarder les dessins animés, souvent violents, et j’essayais d’imiter ce que je voyais ; je voulais être fort, être quelqu’un, qu’on me regarde, et qu’on m’admire… Egoïste, je voulais monopoliser la télé, c’était mon programme, pas de place pour les autres membre de ma famille. Quelle patience ils ont dû avoir !

Et puis, comme il y avait beaucoup de travail, j’aidais à la ferme ; je me souviens encore, c’était l’hiver, je sens encore le vent glacial sur mon visage, et il fallait charger le maïs dans la remorque pour le donner en nourriture aux bêtes dans l’étable … c’était dur, la vie à la ferme. Et les vacances ; c’était une petite journée à la mer, ou dans un parc, ou encore au zoo, avec un seul parent, l’autre devait traire seul les vaches.

Mes parents n’avaient pas le temps d’aller à la Messe ; moi, cela ne m’intéressait pas ; mais j’ai fait ma petite et ma grande communion, ainsi que ma confirmation dans notre paroisse, mes parents étant de tradition catholique.

Lors de mon adolescence, étant encore très enfantin, petit et timide, je ne savais pas ce que je voulais faire comme métier plus tard ; il faut dire que je n’aimais pas les études, je n’avais pas une bonne mémoire, c’était difficile… rien ne m’attirait. Mes parents me proposèrent alors d’étudier dans les métiers de l’alimentation ; indifféremment, je l’acceptai, et pris le chemin de l’internat.

Mes études furent compliquées ; il fallait toujours donner plus de soi-même, et toujours cette mauvaise mémoire…

Ma vie était partagée entre mes études la semaine, et le week-end et les temps de vacances, le travail en alimentation…

Vint ensuite mes problèmes de dos, peu de succès en amour, encore des souffrances, des contradictions, des épreuves… ma mère me disait : « toi, pour gagner la victoire, tu dois l’arracher ».

À cette époque, j’étais attiré dans les églises ; j’y trouvais le calme, le silence, le moyen de me retirer du monde tout en restant près de lui ; j’entrais dans le rôle du prêtre, et faisait semblant de lire en imaginant les fidèles qui m’écoutaient…

J’avais le désir de devenir prêtre, mais mes parents, influencés par d’autres, me découragèrent et marquèrent leur désaccord. Je ne savais plus que faire.

Depuis tout petit, à la suite du catéchisme sûrement, je pensais à la Passion de Jésus, et je m’imaginais empêcher le mal qu’on voulait lui faire, je voulais qu’on ne le tua pas…

Je me souvins encore que, je devais avoir 12 ans ou presque, durant la nuit, à la ferme, dans ma chambre, je me réveillai, il faisait noir, mais la lumière du chemin éclairait légèrement, et je vis la porte de ma chambre s’entrouvrir, et je vis une silhouette sombre qui, j’avais l’impression me regardait ; pensant que c’était ma sœur, je la nommai en lui demandant « c’est toi ? », personne ne répondit, et cela dura quelques secondes ; puis, la porte se refermant, ma mère vint et me demanda ce qu’il se passât ? j’étais sûr de n’avoir pas rêvé, et cependant il n’y avait aucune explication à cela ; j’y pense encore aujourd’hui.

La vie ne me souriait pas, ne n’allais que de difficultés en difficultés… il fallait toujours se battre pour réussir quelque chose, et réussite qui ne durait pas longtemps…

Un beau jour, dégoûté par la vie, j’allât sonner au couvent des Capucins, dans la ville voisine, en demandant ce qu’il fallait faire pour y entrer ? une sœur m’ouvrit la porte et un homme me donna quelques livres qui parlaient de la vocation de prêtre ; je partis, restant sur ma déception de ne pas pouvoir y entrer de suite, et je ne lis jamais ces livres. Plus tard, je voulus rapporter ces livres, mais je n’eus pas tout de suite le courage de retourner sonner à la porte du couvent. Puis, je finis par y aller, mais le couvent n’existait plus, alors je repartis avec les livres. Je crois que je les ai toujours dans ma bibliothèque.

Je me posait beaucoup de questions sur la vie et sur son sens, sur l’existence de Dieu, sur le sens de la souffrance… je ne savais pas où chercher les réponses.

J’entendis alors parler, par des amis, des phénomènes paranormaux et de l’ésotérisme ; curieux d’en savoir plus, je me mis à la recherche de livres traitant du sujet dans les brocantes et bibliothèques ; je me mis donc à lire, moi qui n’avait jamais lu un seul livre en entier, mais toujours avec une certaine crainte, car il y avait beaucoup de cas pratique, que je ne voulais pas essayer.

Puis, je me souvins, que l’on disait, que toutes les réponses à la vie se trouvaient dans la Bible. J’entrepris donc de la lire ; cela me pris une année entière, et effectivement, j’y trouvai toutes les réponses à mes questions. J’écris même un livre, sous forme de questions et réponses (voir dans « Publications », « Mes livres », « Sur les pas de l’Eternel »).

Toujours dans ma recherche de la vérité, j’étendis mes lectures à une tradution française du Coran, du Talmud chez les Juifs, le livre des Mormons ; j’approfondis le Judaïsme, l’Hindouïsme, l’Islam, le Boudhisme…

Je voulais faire quelque chose pour Dieu, m’engager à quelque chose, mais je ne savais pas quoi, ni où ? j’allai ensuite consulter un prêtre, en espérant qu’il pourrait m’aider ; mais je fût bien déçu ; j’allai trouver d’autres personnes de Dieu, et là toujours, aucune réponse satisfaisante. Je me sentais attiré à faire quelque chose dans la religion catholique, mais personne pour me guider, pour me diriger, pour m’expliquer… et d’un autre côté, j’avais toujours le désir de rencontrer l’amour et de me marier… comme font tous les autres…

Ne sachant toujours pas que faire de ma vie, et ne voulant pas continuer dans ce métier de l’alimentation, j’eu la possibilité de faire un stage d’accompagnement de personnes handicapées mentale, qui dura une année. J’y appris beaucoup sur les relations humaines, et par la suite, je décidai de reprendre des études comme éducateur spécialisé.

Les études ne me plaisaient pas beaucoup, surtout la psychologie, et quelque mois plus tard, j’eu la possibilité de travailler dans le service public, que je choisis, et où je travaille encore aujourd’hui.

Avant d’avoir lus la Bible, et cherchant la vérité, ne sachant pas si elle se trouvait chez les catholiques, les orthodoxes, les juifs, les musulmans, les hindouistes, les mormons, les bouddhistes, je commençai à les étudier. Je ne trouvais que de solide, l’enseignement et la vérité chez les catholiques, mais la lecture des livres modernes me donnait l’impression de rester en surface et de ne pas parler assez avec profondeur. Alors je cherchai plus loin, dans des livres plus anciens, dans les enseignements de Saints, tels que Saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars, Saint-François de Sales, Sainte Thérèse d’Avila, Saint Jean de la Croix, Sainte Catherine de Sienne, Saint Alphonse-Marie de Liguori… Et c’est dans leurs écrits, que je trouvai la nourriture dont j’avais besoin, et aussi de pouvoir mettre des mots sur ce qui se passait au plus intime de mon être, que je ne comprenais pas…là je trouvais la nourriture dont j’avais besoin, et ce qui était vrai, comme le sens des souffrances et des épreuves, le vrai chemin du chrétien et non un chemin que j’aurais choisi de moi-même.

Plus tard, il m’arriva une période où je pleurais en pensant à Jésus ; les larmes me coulaient et je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait ; je n’osais en parler à personne ; et je compris, d’après mes lectures, que j’avais probablement eu ce que l’on appelle le « don des larmes » ; je pouvais enfin comprendre ce qu’il m’arrivait ; cela dura quelques mois, je crois, et puis cela s’arrêta.

Par la suite, j’étais couché sur mon lit, c’était le début de la soirée, et j’eu comme une communication, une voix intérieure se fit entendre, mais l’une limpidité extraordinaire, en disant : « j’aime tous les hommes » ; ce n’était pas à la manière de parler, c’était fluide, sans paroles. Je crois que c’était Jésus… Ces choses dont on sait que l’on n’a pas rêvé, mais qu’on ne peut expliquer…

Puis, à un autre moment, je sentis, durant plusieurs jours, que j’avais perdu la foi ; je le savais au fond de moi-même, je me sentais vide ; j’avais le sentiment d’avoir perdu quelque chose de très important ; puis cela disparût.

Ensuite, durant quelques secondes, je me vis, à un moment bien précis, durant mon enfance, comme si c’était réel… et je me mis à pleurer tout à coup… quelle impression cela m’a fait ! on dit que lorsqu’on meurt, on voit sa vie défiler devant soi. Si c’est comme je l’ai vécu, durant ces quelques secondes, quelle émotion !! çà doit être terrible !

Je crois que c’étaient des signes, où Jésus vient toucher l’âme, lorsque celle-ci en a le plus besoin.

Les années passèrent, j’avais des périodes où j’allais plus souvent que d’autres suivre la Messe, mais j’avais l’impression qu’il manquait toujours de profondeur. Je continuais à travailler dans le monde, lisant les écrits des Saints, et désirant rencontrer l’amour…

Par après, j’entendis parler de la Messe traditionnelle, celle qui se pratiquait avant 1962 ; par curiosité, je me mis à faire quelques recherches sur internet, et je me décidai d’aller voir comment se déroulait cette Messe.

J’y trouvai la profondeur, le respect et la vérité que je recherchais, et que l’on doit au Divin. Je pris la décision d’y aller chaque dimanche. Je découvris aussi une petite affichette qui parlait du Tiers-Ordre de Saint-François, qui se décrivait comme un vrai Ordre religieux Catholique, et qui proposait, à ceux et celles qui désiraient se donner plus à Dieu, tout en restant dans le monde, les moyens d’y arriver. Je sentais que mon désir pouvait se réaliser, ici, et je pris la résolution de m’y engager.

Aujourd’hui, je sais que je suis là où Dieu me veut, dans le Tiers-Ordre Franciscain, continuant à travailler dans le monde, et travaillant à ma perfection, uni à Jésus-Christ, vivant de l’Evangile, et ne désirant plus que son Amour et l’accomplissement de sa Volonté, à l’exemple de Saint-François…